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Mes bibliothèques : Certains livres deviennent des compagnons

Depuis toujours, vivre entourée de livres.
Des pièces pleines. Des étagères. Des présences.

La bibliothèque de ma grand-mère. De sublimes collections. Je me souviens, Rousseau était son préféré. Mamie m’avait offert mon premier livre : les Fables de la Fontaine.
Plus tard : l’œuvre de Rimbaud.

La bibliothèque de mes parents, celle des grandes vacances.
Souvenirs de lectures :
le Journal d’Anaïs Nin,
Lady Chatterley,
La ferme africaine.
Lectures. Des journées entières, couchée dans l’herbe.

La bibliothèque quotidienne de ma tante et de mon oncle – lectures du soir, nourries des discussions du lendemain, au déjeuner ou au dîner.
Mon oncle connaissait l’histoire littéraire. Il parlait des œuvres et des vies. Il tissait des fils.

Mes premières bibliothèques étaient celles de mes tuteurs de vie.

*

Aimer les livres.
Les regarder.
Les déplacer.
Retrouver leur place.

Dénicher des livres cachés.
Tomber sur ce qui brûle.

*

Un jour, à 18 ans, à Paris, ma mère m’a offert mes premiers livres.
Duras, Modiano, Le Clezio en poche.
Les voir disparaître durant l’année un à un – fauchés par mon cousin.

Premier salaire à 20 ans.
Premier emprunt pour l’Encyclopédie universalis en 23 volumes. Et cette fierté. Y puiser.

Construire ma première bibliothèque avec Livier, le papa de mes enfants. Planches de pin et de tilleul prélevées dans la forêt familiale. Réaliser les plans. Réfléchir. Bricoler.

Mes livres.

Mes bibliothèques.