L'air transporte les sons, les poussières, les pollens, les fumées, les présences
À l’Épinette, nous vivons souvent sous les nuages accrochés aux sommets des montagnes.
Ici, tout semble porté par l’invisible :
circulation,
déplacement,
suspension.
L’air transporte les sons, les poussières, les fumées, les présences.
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L’air apporte la beauté d’une fumée en mouvement,
celle du chauffage au bois de la piscine communale.
Parfois, la vallée entière semble traversée par cette odeur de feu discret.
L’air apporte aussi l’appel d’un âne,
sur l’autre versant de la montagne.
Une voix lointaine, presque archaïque,
qui traverse les arbres, les jardins, les fins de journée.
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Au printemps, l’air transporte des poussières de sable saharien.
Elles se mêlent aux pollens jaunes.
Les voitures, les pierres, les feuilles se couvrent alors d’une fine pellicule ocre.
Le paysage change légèrement de couleur.
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L’air est tantôt très frais, descendu des sommets et des forêts humides,
tantôt chaud, presque méditerranéen.
Il change au gré des heures, des jours, des passages de nuages et des vents.
Le matin, il peut être vif, transparent, presque coupant.
Puis devenir plus lourd, plus doux, chargé d’odeurs de terre chaude et de résine.
——
Peu d’avions.
Parfois, un hélicoptère Dragon — sauvetage.
Le bruit traverse la vallée entière,
puis disparaît derrière les montagnes.
——
Écrire à partir de l’air, peut-être,
c’est apprendre à écouter ce qui circule discrètement entre les choses :
un souffle,
une odeur de bois,
une poussière venue de loin,
un cri porté par le vent.
Parfois,
il suffit d’un bruit dans l’air,
d’une fumée entre les arbres,
d’un ciel chargé de sable et de pollen,
pour qu’un paysage recommence à parler en nous.
En savoir plus : Les ateliers de l’Épinette – Allevard.
Les lundis – Ecriture au jardin
